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Les orobanches

Les orobanches sont des plantes parasites répandues et redoutables qui s’attaquent à de nombreuses plantes cultivées et sauvages en occasionnant d’importantes pertes de rendement. Malgré leur beauté en période de floraison, elles sont devenues depuis quelques années un réel problème pour les cultures. L'orobanche rameuse (ramosa) s'attaque au colza. Plusieurs races coexistent et l'orobanche est comme le mildiou, en perpétuelle évolution. Or actuellement aucune voie de lutte explorée ne permet d’éradiquer ce fléau alors que le nombre de parcelles infestées ne cesse d'augmenter. Cependant en colza, l'utilisation de variétés tolérantes offre de réelles perspectives. SHAKIRA notamment, tire nettement son épingle du jeu.

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Description du parasite 

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Biologie du parasite

Les orobanches sont des espèces holoparasites ou parasites stricts. Dépourvues de chlorophylle et de racines normales, les orobanches sont totalement dépendantes de leur hôte pour leur nutrition en carbone, en eau et en sels minéraux. Elles puisent tous les éléments nécessaires à leur développement grâce à un suçoir ou haustoria qui les relie directement aux vaisseaux conducteurs de l'hôte (xylème et phloème, cf. détail)

On compte des centaines d'espèces, essentiellement dans les zones tempérées. Certaines sont protégées et d'autres sont combattues. Pour une espèce, plusieurs races coexistent et l'orobanche est, comme le mildiou, en perpétuelle évolution. En règle générale, les plantes infestées sont des dicotylédones, lels monocotylédones étant moins souvent frappées.

Quelques espèces d'orobanche sont extrêmement spécifiques, alors que d'autres s'attaquent à une large gamme d'hôtes. Cette variabilité est liée à leur diversité  génétique, provenant de leur pollinisation, régulièrement croisée par les insectes. 

Nous nous intéresserons plus particulièrement à l'espèce O. ramosa (Orobanche rameuse) dont une des populations entraîne d'importants dégats sur colza et est par conséquent beaucoup plus étudiée. 

 

Nomenclature 

 

Section : Angiospermes

Classe: Dicotylédones

Ordre : Personatae

Famille : Orobanchaceae

 

Description de Orobanche ramosa 

Généralement, les orobanches sont charnues, à feuilles réduites à l’état de bractées. Les fleurs sont en grappes terminales simples ou composées. Le fruit est une capsule qui peut libérer entre 200 et 500 graines. Chaque pied parasité peut ainsi produire plusieurs dizaines de milliers de graines.

Cette espèce s’attaque au colza, au chanvre, au tabac, à la tomate etc. Elle est très polyphage. Deux populations existent en France, une s’attaquant surtout au colza (type C) et l’autre surtout au chanvre et au tabac (type T). La plante est poilue et glanduleuse. Sa partie émergée consiste en une tige jaune pâle, le plus souvent ramifiée. Les fleurs sont jaune pâle, ornées de bleu-violet, en forme d’épi lâche rapidement allongé.

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Cycle biologique (orobanche rameuse)

 

La germination

En plus de conditions favorables (température et humidité), elle ne peut avoir lieu qu’en présence de substances stimulatrices émises par les racines de la plante hôte.

La germination se manifeste alors par la sortie d’une radicule microscopique ou «procaulôme».

 

Développement souterrain

Celui-ci se trouve attiré par la racine de l’hôte, va s’allonger dans sa direction et va s’y fixer. Il y a formation d’un tubercule par renflement de la zone de contact. Cet épaississement est l’appressorium.

Se déroule alors une des étapes clé du pouvoir pathogène de l’orobanche avec la libération d’enzymes pectinolytiques qui vont entraîner le ramollissement des parois des cellules racinaires de l’hôte permettant le passage de cellules intrusives du parasite impliquées dans la création de connections vasculaires. L’appareil d’absorption ou suçoir apparaît et le parasite va pouvoir puiser toutes les substances obligatoires à son développement.

A partir de ce stade, le bourgeon s’allonge verticalement en une jeune tige souterraine et progresse dans la terre vers la surface du sol. Vers mars avril, la tige pointe et émerge du sol au pied de la plante hôte.

 

Emergence et floraison

L’émergence de la tige souterraine marque le début de la phase aérienne du cycle du parasite. Cet axe, non chlorophyllien, pourvu d’écailles, se transforme ensuite rapidement en une hampe florale.

Fructification

Après la fécondation, chaque fleur pollinisée se transforme en une capsule libérant environ 200 à 500 graines mûres.

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Symptômes et conséquences sur la culture

Retard de croissance dû très logiquement au fait que le parasite puise toutes les substances nécessaires à son développement dans son hôte.

 

Namisme et chlorose des feuilles

Les dégâts se traduisent par un dépérissement des plantes parasitées, ce qui donne au champ un aspect clairsemé. En effet, en cas d’attaque sévère et précoce, les plantes peuvent être totalement détruites. Au niveau de chaque plant de colza, on peut observer un phénomène de nanisme associé à une chlorose des feuilles.

Avortement des siliques

Parfois les plantes hôtes qui ont supporté l’attaque sans dépérir, vont subir des avortements des embryons.

L’ampleur des pertes de rendement dépend de la gravité des attaques ou de l’intensité des infestations de la culture. Ces pertes peuvent aller de 15 à 25 qx/ha

Distribution géographique

Généralement les orobanches se situent dans les zones tempérées et plus précisément dans les régions arides et semi-arides avec un foyer principal de dissémination qui se trouve être le Bassin Méditerranéen : Turquie, Italie, Espagne, Maroc…On les retrouve aussi en Europe de l’Est, Russie, USA, Asie et Ouest de l’Australie.

La dissémination des graines se fait essentiellement :

-par l’homme : matériel agricole ou autre

-le vent

-les animaux et insectes

-l’eau

L’Orobanche rameuse du colza est identifiée en France depuis plusieurs années. En 2006, la région Poitou Charentes reste la plus touchée, ainsi que le département voisin de Vendée. Mais les secteurs du Lot, de la Dordogne, du Tarn et du Gard commencent à être touchés. On retrouve essentiellement ce parasites dans les sols calcaires durs (groies). Mais depuis peu, on en observe aussi sur sols limoneux.

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Quelles stratégies de lutte contre l'orobanche ?

A l’énorme taux de multiplication du parasite, 105 à 106 graines par pied d’orobanche responsables de sa dissémination, s’ajoute une capacité extrême d’adaptation : ni la température, ni le degré d'humidité ou d'aération du sol n’ont d’influence sur l'aptitude à germer de ce parasite !

Parallèlement, les moyens de lutte contre l'orobanche restent limités, mais quelques consignes simples permettront de minimiser sa propagation.

Minimiser la propagation de l'orobanche

Vérifier tous les ronds dépressifs dans les parcelles de colza, et s'il y a présence d'orobanche, les détruire avec un désherbant total avant la montée en fleur.

Nettoyer les outils lorsque vous venez de travailler une parcelle infestée pour éviter la propagation des graines.

Réduire la densité : les plantes développées supportent mieux la compétition.

Eviter les semis trop précoces qui favorisent une installation très rapide de l'orobanche et préférer des semis de septembre.

Soigner tout particulièrement les désherbages, car de nombreuses adventices sont des hôtes de l'orobanche et contribuent à sa multiplication.

 

Choisir ses semences de colza avec soin

Utiliser des variétés tolérantes à l'orobanche comme SHAKIRA.

Utiliser des semences certifiées, car ces semences sont :

-pures (pas de croisements avec des parcelles voisines comme en graines de ferme) ;

-non porteuses de graines d'orobanche et d'adventices.

SHAKIRA : une variété de colza tolérante à l'orobanche rameuse

SHAKIRA gène manifestement le développement des orobanches. En collaboration avec ses partenaires, Maïsadour Semences cherche à mettre à jour les mécanismes à l'oeuvre. Des essais de plein champ et des tests en laboratoire sont ainsi menés depuis plusieurs années par le CETIOM d'une part, et par l'université de Nantes d'autre part avec des résultats tout à fait probants.

SHAKIRA : variété classée "très bon comportement"

SHAKIRA est une variété de colza rustique et facile d'utilisation. Riche en huile et dotée d'une excellente régularité de performances, elle est très peu sensible à la verse et offre une bonne tolérance aux maladies.

Mais ce qui la distingue le plus des autres, c'est son haut niveau de tolérance face à l'orobanche de colza.

Conseils semis 
La densité de semis conseillée dépend de la présence ou de l'absence d'orobanche dans la zone concernée.

  • En zone orobanche
  • 25 à 35 pieds / m2 sortie d'hiver
  • Hors zone orobanche
    40 à 50 plantes / m2 sortie d'hiver

 

Des résultats probants

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De nombreux essais sont réalisés pour étudier les performances des variétés de colza, en particulier pour observer leur tolérance à l'orobanche.

Le graphe ci-contre correspond à des essais menés en 2006 aux Eglises d'Argenteuil (17) sur des parcelles infestées d'orobanche ramosa (infestation tardive liée à un hiver froid). SHAKIRA obtient un rendement plus élevé que tous les autres témoins (T), avec 29,7qx/ha, contre 10qx/ha pour le témoin le moins performant.

Par ailleurs, le CETIOM teste en plein champ la tolérance et le type de tolérance de SHAKIRA à une ou plusieurs races d'orobanche, dont ramosa bien entendu. SHAKIRA est classée comme ayant un "très bon comportement" (classement TBC) vis-à-vis de l'orobanche par le CETIOM.

 

L'université de Nantes confirme

En 2006, Maïsadour Semences avait constaté, avec Monsieur PALLEAU du CETIOM, le comportement original de SHAKIRA dans les parcelles infestées d’orobanche. En 2007, Maïsadour Semences a donc demandé à l’université de Nantes et à M. SIMIER (LBPV, spécialistes de l’orobanche en France) d'initier différents travaux de laboratoire visant à comprendre pourquoi l'orobanche ne se développe pas ou peu sur SHAKIRA.

INTERVIEW du Professeur SIMIER, Directeur du LBPV
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Ses activités s'inscrivent dans le contexte de la protection des grandes cultures (colza et tournesol essentiellement...) contre l'orobanche : une plante parasite d’Europe et d'Afrique subtropicale.

 

 

Professeur SIMIER, quel protocole avez-vous mis en place ?

Nous avons voulu comparer SHAKIRA avec 2 autres variétés dont nous connaissons bien les comportements face à l’orobanche (Darmor et Yudal). Nous avons réalisé 30 pots de chaque variétés (en 2 sessions) avec 5 mg d’orobanche ramosa par pots.

Les indicateurs que nous avons retenus comme sensibilité des colzas sont les suivants :

  • nombre total d’orobanches fixées par plant (en distinguant vivantes et nécrosées, souterraines et émergées) ;
  • nombre d’orobanches émergées par plant.

Le nombre de tubercules nécrosés par plant a été également relevé pour informations complémentaires.

 

Pourquoi les orobanches n’émergent-elles pas sur SHAKIRA ?

La morphologie des orobanches fixées sur la variété SHAKIRA est atypique.

On observe :

  • soit le développement de larges tubercules portant une ou deux fines hampes florales peu vigoureuses,
  • soit un large tubercule sans hampe florale, bourgeon visible, orobanches bloquées au stade tubercule (photo ci-dessous).

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Quels résultats avez-vous obtenus ?

On a pu observer, au travers de ces tests, que la variété SHAKIRA porte à la fois :

  • un grand nombre d’orobanches fi xées, comme YUDAL et DARMOR ;
  • le plus faible nombre d’orobanches émergées.

En conclusion, le nombre moyen d’orobanches émergées n’est donc pas corrélé avec le nombre moyen d’orobanches fixées.  

 

En conclusion

SHAKIRA porte un grand nombre d’orobanches, au même titre que les autres génotypes testés dans l’étude. SHAKIRA n’exprime donc pas de résistances précoces.
Néanmoins, la variété SHAKIRA a la caractéristique de limiter significativement le développement post-fixation du parasite, en bloquant les orobanches au stade tubercule. De plus, les quelques orobanches fixées sur le génotypes SHAKIRA qui réussissent à émerger, le font tardivement vis-à-vis des orobanches fixées sur YUDAL (hampes fl orales grêles, atypiques).

Par ailleurs, la variété Shakira exprime un blocage dit tardif, il se traduit par une perturbation du développement souterrain des orobanches, pouvant conduire à la nécrose du parasite. L'origine de ce dysfonctionnement n'est pas identifiée à ce jour (carence nutritionnelle, désordre hormonal, toxine, ...?), et est en cours d'analyses.

Les sites de nos partenaires :

Voir aussi :

  • HYPPA, base INRA sur les adventices
  • BENHARRAT H., BOULET C., VERONESI C., THALOUARN P., 2003 - L'orobanche rameuse. Aperçu d'études menées au laboratoire et sur le terrain afin de limiter efficacement son impact sur colza, chanvre textile et tabac. Phytoma-LDV, 564: 24-26.
  • FER A. et THALOUARN P., 1997 - L'Orobanche, une menace pour nos cultures. Phytoma-LDV, 499: 34-40.

 

Grain Colza

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